Inventaires naturalistes : amphibiens et chauves-souris

Depuis 2011, le PETR du Pays de Bray est animateur du site Natura 2000 « Pays de Bray humide ». C’est dans ce cadre qu’il a missionné plusieurs associations à l’expertise reconnue afin d’actualiser les connaissances naturalistes sur les espèces et les habitats naturels du territoire.


Pourquoi réaliser des inventaires ?


Loin de ne comporter qu’un volet scientifique de récolte de données, les inventaires naturalistes sont de véritables témoins des actions passées et des indicateurs en temps réel des mécanismes d’évolution de la biodiversité et du paysage local. De nombreuses initiatives se multiplient ces dernières années afin d’intégrer au plus près de ces actions d’inventaires, notamment par le biais des sciences participatives, l’ensemble des acteurs locaux, y compris les habitants.


Pour quels objectifs et pour quels coûts ?


Les inventaires menés en 2021 concernaient les amphibiens et les réseaux de mares ainsi que les chauves-souris. Leurs objectifs étaient de :

  • Actualiser les connaissances sur les espèces et l’état écologique des milieux d’accueil ;

  • Expérimenter des protocoles de suivis, par la suite reproductibles en interne au PETR donc moins coûteux, et sur une fréquence plus régulière (2 à 5 ans).

  • Identifier les freins et les leviers susceptibles d’influer dans la préservation des populations recensées.

L’ensemble des coûts lié à l’ingénierie, à l’animation et aux inventaires (29 959,10 €) est pris en charge à 100 % par le biais de fonds européens (FEADER) et de l’État, respectivement à hauteur de 50 % chacun.


Pour quels résultats ?

  • 8 espèces d’amphibiens sur les 17 connues en Normandie ont été inventoriées ;

  • Identification de la fonctionnalité des mares (Programme Régional d’Action en faveur des Mares [PRAM] et Outil de Diffusion de l’Information Naturaliste [ODIN]) ;

  • Priorisation des 35 mares et réseaux de mares prospectés justifiant des travaux d’entretien ou de réhabilitation

  • 15 espèces de chauves-souris sur les 21 connues en Normandie ont été inventoriées. Parmi elles, la découverte de deux nouvelles espèces d’intérêt communautaire (rares, remarquables ou menacées à l’échelle européenne) : le grand rhinolophe et le murin de bechstein.


Pour quels enjeux ?


Les enjeux sont par définition des situations dans lesquelles un gain ou une perte est envisageable. Dans le domaine de l’environnement, les enjeux sont souvent relatifs à la préservation (ou disparition) d’espèces et/ou la fonctionnalité des habitats naturels. Pour ces inventaires les enjeux identifiés sont :

  • La dégradation de la fonctionnalité des mares et la nécessité de restaurer les réseaux de mares ;

  • La fragmentation des habitats et de la Trame Verte et Bleue (TVB), principalement du fait de certains axes routiers qui constituent des barrières et l’intérêt d’envisager des mesures compensatoires ;

  • La dégradation de la qualité de certaines mares par sur-piétinement par le bétail ;

  • La démocratisation des connaissances sur les chauves-souris et la lutte contre les idées reçues ;

  • La conciliation des lieux de gîtes des chauves-souris avec les projets locaux ;

  • L’importance de maintenir une structure paysagère diversifiée et bocagère avec des formations et des maillages de haies, de mares et de prairies.

Et ensuite ?


À l’issue de ces inventaires, différentes actions et démarches sont d’ores et déjà envisagées :

  • Diffuser des résultats aux propriétaires/gestionnaires concernés et connus et aux autres acteurs locaux, dont les collectivités territoriales ;

  • Mobiliser les relais de presses locales pour porter écho aux actions menées.

  • Accompagner à la restauration des mares prioritaires en lien avec la TVB et des réservoirs pour ce qui est de la trame noire;

  • Intégrer les connaissances au sein des Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) ;

  • Poursuivre les actions incitatives comme les MAEC ou les Contrats Natura 2000 ;

  • Poursuivre les actions d’information et de sensibilisation notamment auprès des scolaires ;

  • Développer la synergie en lien avec les Syndicats de Bassin Versants et la nouvelle stratégie de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie (mares à enjeu biodiversité).